Archives mensuelles : mai 2013

À quelle fréquence le rapport de ventes du KDP est-il mis à jour?

Votre livre est en ligne dans la boutique Kindle, et vous ne pouvez vous empêcher de rafraîchir frénétiquement la page du rapport de ventes KDP dans l’espoir de voir augmenter le compteur des ventes. Mais rien ne bouge. Incapable de penser à autre chose, vous allez faire un tour pour vous éloigner de cette maudite machine et revenez quelques heures plus tard. Toujours rien. Désespéré vous cliquez une dernière fois sur « Rafraîchir », et voilà ! trois nouvelles ventes apparaissent. Le doute s’immisce : « Le rapport du Kindle Direct Publishing reflète-t-il vraiment les ventes en temps réel ? Et si ce n’est pas le cas, à quelle fréquence est-il rafraîchi ? »

La réponse tout de suite : oui, le rapport du KDP reflète bien les ventes en temps réel.

D’ou vient cette certitude ? D’une expérimentation. Au cours d’une promotion gratuite pour « Booster ses ventes sur Kindle », j’ai noté plusieurs fois par jours le nombre de téléchargements. 95 téléchargements ont eu lieu tout au cours d’un weekend, à chaque vérification les compteurs avaient été mis à jour.

Vous me ferez  remarquer que rien ne prouve que l’augmentation du nombre de ventes inclue les derniers achats. C’est vrai, mais j’ai également profité de cette promotions pour faire deux achats avec mes comptes Amazon.  Avant chaque achat, j’ai noté le nombre de ventes, et l’ai vérifié immédiatement après. Dans les deux cas, le nombre de téléchargements avait augmenté d’un exemplaire.

Ce n’est pas une preuve irréfutable, mais comme Amazon ne donne pas d’information à ce sujet, c’est la meilleure que j’ai trouvée. Et puis de toute manière, est-ce vraiment important ? Est ce qu’on ne devrait pas être capable d’oublier les rapports de ventes, et de ne les consulter que de temps en temps ? Une fois par mois par exemple ? Impossible, je sais 🙂 Alors autant être certain qu’un rapport n’affichant aucune vente signifie qu’il n’y en a vraiment eu aucune, et passer à autre chose. Pour travailler sur notre prochain livre par exemple…

« Booster ses ventes sur Kindle » gratuit sur Amazon les 23 et 24 mai

J’ai fini par résumer mes expérimentations avec le KDP dans un livre : « Booster ses ventes sur Kindle« . Il sera en promotion gratuite les 23 et 24 mai.

Si vous cherchez une formule magique pour faire des millions, vous ne la trouverez pas là 🙂 Si vous cherchez des méthodes et conseils pratiques pour améliorer la visibilité de vos livres et obtenir des ventes qui reflètent sa qualité, vous devriez y jeter un coup d’oeil. Ces techniques ont fait passer mes ventes d’une petite dizaine par mois à plusieurs centaines. Pas de quoi devenir riche (malheureusement), mais de quoi me mettre de bonne humeur quand les redevances Amazon sont versées.

Vous y retrouverez une partie des billets de ce blog, ainsi que des moyens pour :

  • Mesurer le nombre de visiteurs quotidiens sur la page Amazon de votre livre grâce à Google Analytics
  • Identifier les mots clés qui feront apparaître votre livre en première page des résultats de recherche Amazon
  • Déterminer la raison de la faiblesse des ventes (manque de visibilité, présentation maladroite, contenu inapproprié, etc.)
  • Calculer le prix de vente qui maximisera vos revenus
  • Vendre un livre à 0.99 euro avec 90% de redevance
  • Sélectionner les meilleures catégories pour votre livre
  • Guider les lecteurs de la découverte de votre livre à son achat
  • Obtenir davantage de commentaires de lecteurs
  • Améliorer la visibilité de votre livre sur Amazon et sur Internet

J’espère que ces techniques vous aideront à tirer plus de revenus de votre travail.

Comment publier un livre gratuit sur Kindle ?

Votre livre est disponible sur Kindle, et vous voudriez le rendre gratuit. Vous avez essayé de fixer son prix à 0 €  sur le portail Kindle Direct Publishing, avant de réaliser que ce n’est pas possible. Le prix de vente minimum autorisé par le KDP est de 0.86 € (ou 0.99 $, au 11 mai 2013), comme expliqué dans les conditions de tarification du KDP et sur la page des « Droits et prix » de votre livre :

prix redevance

Pourtant, beaucoup d’ebooks  sont gratuits sur Amazon. Cette possibilité est réservée aux maisons d’édition, mais il existe deux méthodes permettant aussi aux auteurs indépendants de publier gratuitement sur Kindle : souscrire au programme KDP Select, ou faire jouer  la clause d’alignement des prix.

L’inscription de votre livre au programme KDP Select est la façon la plus simple de le distribuer gratuitement. En offrant l’exclusivité de votre livre à sa plateforme, Amazon vous permet de le rendre gratuit pendant cinq jours  sur une période de 90 jours. C’est mieux que rien, mais ça ne permet pas de rendre un livre gratuit de façon permanente.

La seconde approche consiste à faire jouer la concurrence et à utiliser la clause d’« Alignement sur un prix concurrent » du KDP. D’après cette dernière, « si un Livre Numérique est proposé gratuitement via un autre canal de vente, [Amazon est] également susceptible de le proposer gratuitement« . Évidemment, « votre Redevance pendant toute la durée de ladite promotion sera de zéro. »

Pour faire jouer cette clause, vous devrez:

  1. distribuer gratuitement votre livre sur une plateforme concurrente.
    Sachant qu’Amazon n’est pas obligée d’aligner son prix, vous voudrez maximiser vos chances que cet alignement se produise en publiant votre livre sur une plateforme majeure, comme Apple iBooks, ou Kobo. Publier sur iBooks est une plaie pour les auteurs non domiciliés aux États-Unis, à moins de passer par
    Smashwords. Mais Smashwords peut être extrêmement pointilleux sur le format des ebooks acceptés ; Kobobooks est une alternative plus simple, qui permet en outre de distribuer votre livre sur les liseuses de la Fnac. Avantage de Smashwords et Kobo : tous deux acceptent le format Kindle (les fichiers « mobi »), vous pouvez donc leur soumettre votre ebook tel qu’il est disponible sur Amazon, sans avoir à le reformater. 
  2. signaler à Amazon que votre livre est distribué gratuitement ailleurs.
    Si vous avez de la chance, Amazon remarquera automatiquement que votre livre est disponible gratuitement ailleurs. Sinon, vous pourrez lui signaler en visitant la page Amazon de votre livre (pas le portail KDP), puis en cliquant sur le lien « Nous signaler un prix inférieur » dans la section « Détails sur le produit ». Attention, si vous signalez le prix inférieur sur amazon.fr, vous devrez soumettre un lien vers une boutique vendant également en France et en euros. Pour augmenter vos chances que l’alignement se fasse, demandez à des amis de signaler également le prix inférieur.
  3. attendre qu’Amazon veuille bien procéder à l’alignement de prix.
    Attention, l’alignement de prix n’est ni immédiat, ni systématique. Et les conditions dans lesquelles Amazon l’applique sont inconnues. Il semble qu’il soit particulièrement difficile d’obtenir un alignement pour des livres qui ont déjà été inscrits au programme KDP Select par exemple. Ne soyez donc pas surpris si la procédure ne réussit pas du premier coup, n’hésitez pas à la répéter et à signaler le prix inférieur à plusieurs reprises.

Si l’alignement a bien lieu, cette approche vous permettra donc de distribuer votre livre gratuitement. Un dernier avertissement toutefois : mieux vaut ne pas changer d’avis. Car s’il est possible de signaler un prix inférieur à Amazon, il est impossible de faire l’inverse. Vous aurez donc beaucoup de mal à rendre votre livre payant à nouveau.

Enfin, si la gratuité n’est pas votre tasse de thé, et que vous préfèreriez vendre votre livre à un petit prix mais avec une redevance supérieure aux 35% proposés par Amazon, consultez ce billet qui vous expliquera comment exploiter l’alignement sur un prix concurrent pour vendre un livre 0.99 euro avec 90% de redevance.

Amazon sur le point d’interdire les livres Kindle de moins de 2500 mots ?

La blogosphère des auteurs autopubliés anglophones s’émeut depuis quelques jours de ce qu’Amazon serait sur le point de bannir les ebooks Kindle de moins de 2500 mots. À l’origine de cet émoi, la publication d’une lettre envoyée par Amazon à un auteur lui demandant de réviser et éventuellement retirer un de ses titres de moins de 2500 mots. En voici la traduction :

« Bonjour,
Lors d’une révision d’assurance qualité de votre catalogue KDP nous avons remarqué que le(s) livre(s) suivant(s) sont particulièrement courts et peuvent causer une expérience de lecture décevante et ne rencontrent pas nos attentes qualitatives :
<Titre de l’oeuvre>
Dans l’intérêt des clients Kindle, nous retirons de la vente les titres qui peuvent causer une mauvaise expérience. Les contenus de moins de 2500 mots sont souvent décevants pour nos clients et n’offrent pas une expérience de lecture agréable.

Nous vous demandons de corriger les livres mentionnés ci-dessus, ainsi que les titres concernés dans votre catalogue, avec un contenu additionnel qui soit à la fois unique et pertinent à votre livre. Une fois que vous serez certain que vos livres offriront une bonne expérience client, soumettez les à nouveau pour publication dans les 5 jours ouvrables. Si vos livres n’ont pas été corrigés d’ici là, ils seront retirés du Kindle Store. Si les mises à jour nécessitent plus de temps, merci de dépublier vos livres »

La publication de cette lettre a enflammé les débats, avec d’un côté les auteurs de nouvelles, recueil de poèmes et autres textes courts qui paniquaient à l’idée de voir leurs titres supprimés, et de l’autre les auteurs qui se réjouissaient de ce qu’Amazon prenne enfin des mesures pour limiter la proliférations des bouquins générés à la va-vite dans le but de constituer des catalogues importants pour vendre beaucoup à petit prix. Dans la foulée de ces discussions, de nombreux blogs et sites ont repris l’information, présentant la chose comme certaine : Amazon s’apprêtait à bannir les textes de moins de 2500 mots.

Et dans le feu de ces débats, personne ne semblait questionner l’authenticité de cette lettre, ni s’étonner de ce que personne d’autre ne l’ait reçue, pas même être surpris de ce qu’aucune annonce officielle n’ait été faite par Amazon. Mais dans les jours qui ont suivi la publication de cette lettre, de nombreux auteurs ont essayé de contacter Amazon à ce sujet. Sans succès apparemment. Sauf pour un qui a obtenu une réponse de l’équipe de support KDP et l’a publiée. En voici la traduction :

« Bonjour,
Je peux confirmer que cette information ne vient pas de Kindle Direct Publishing, elle n’est donc pas vraie.
J’espère que cela vous aidera.

Merci d’utiliser le KDP d’Amazon. »

Donc pas de panique pour l’instant (mais j’ai quand même recompté soigneusement le nombre de mots de mes nouvelles, juste au cas ou…). Comme souvent sur le net, nous avons assisté à un emballement médiatique. Quelqu’un a lancé une rumeur, le scoop était alléchant, des bloggers s’en sont emparé pour faire de l’audience, le message a été répété, déformé, amplifié, et voilà : Amazon interdit les textes de 2500 mots.

Mais il y a sans doute un fond de vérité dans cette annnonce. Le message qui a lancé la rumeur est vraisemblablement authentique. Mon intuition est qu’il vient réellement de l’équipe KDP Amazon, et que la personne qui l’a rédigé a simplement mentionné les raisons qui l’ont amenée à reconsidérer la publication de ce titre. Parmi elles, sa longueur. Ça n’était probablement pas le seul critère, mais cette phrase – « Les contenus de moins de 2500 mots sont souvent décevants » – me font deviner que dans le cadre de l’amélioration de la qualité des livres publiés sur Kindle, Amazon prête une attention toute particulière aux textes courts, qui sont souvent durement évalués. Souvent à raison.

Au final, ce qui orientera sans doute la politique d’Amazon, c’est l’argent qu’elle gagne grâce à ces textes. Tant que ceux-ci rempliront ses caisses, et qu’ils ne nuiront pas aux ventes sur Kindle (en détournant vers d’autres plateformes des lecteurs qui seraient fatigués de payer pour de mauvais contenus), Amazon ne prendra probablement pas de mesures aussi drastiques que la définition d’un nombre minimal de mots. Par contre, le jour ou Amazon pensera que la qualité des textes sur le KDP n’est pas assez bonne, soyez certains qu’elle prendra toutes les mesures nécessaires pour redresser la barre, et que les auteurs avec des textes mal notés, trop courts, etc. devront se battre pour espérer garder leurs livres sur le Kindle Store.