Amazon sur le point d’interdire les livres Kindle de moins de 2500 mots ?

La blogosphère des auteurs autopubliés anglophones s’émeut depuis quelques jours de ce qu’Amazon serait sur le point de bannir les ebooks Kindle de moins de 2500 mots. À l’origine de cet émoi, la publication d’une lettre envoyée par Amazon à un auteur lui demandant de réviser et éventuellement retirer un de ses titres de moins de 2500 mots. En voici la traduction :

« Bonjour,
Lors d’une révision d’assurance qualité de votre catalogue KDP nous avons remarqué que le(s) livre(s) suivant(s) sont particulièrement courts et peuvent causer une expérience de lecture décevante et ne rencontrent pas nos attentes qualitatives :
<Titre de l’oeuvre>
Dans l’intérêt des clients Kindle, nous retirons de la vente les titres qui peuvent causer une mauvaise expérience. Les contenus de moins de 2500 mots sont souvent décevants pour nos clients et n’offrent pas une expérience de lecture agréable.

Nous vous demandons de corriger les livres mentionnés ci-dessus, ainsi que les titres concernés dans votre catalogue, avec un contenu additionnel qui soit à la fois unique et pertinent à votre livre. Une fois que vous serez certain que vos livres offriront une bonne expérience client, soumettez les à nouveau pour publication dans les 5 jours ouvrables. Si vos livres n’ont pas été corrigés d’ici là, ils seront retirés du Kindle Store. Si les mises à jour nécessitent plus de temps, merci de dépublier vos livres »

La publication de cette lettre a enflammé les débats, avec d’un côté les auteurs de nouvelles, recueil de poèmes et autres textes courts qui paniquaient à l’idée de voir leurs titres supprimés, et de l’autre les auteurs qui se réjouissaient de ce qu’Amazon prenne enfin des mesures pour limiter la proliférations des bouquins générés à la va-vite dans le but de constituer des catalogues importants pour vendre beaucoup à petit prix. Dans la foulée de ces discussions, de nombreux blogs et sites ont repris l’information, présentant la chose comme certaine : Amazon s’apprêtait à bannir les textes de moins de 2500 mots.

Et dans le feu de ces débats, personne ne semblait questionner l’authenticité de cette lettre, ni s’étonner de ce que personne d’autre ne l’ait reçue, pas même être surpris de ce qu’aucune annonce officielle n’ait été faite par Amazon. Mais dans les jours qui ont suivi la publication de cette lettre, de nombreux auteurs ont essayé de contacter Amazon à ce sujet. Sans succès apparemment. Sauf pour un qui a obtenu une réponse de l’équipe de support KDP et l’a publiée. En voici la traduction :

« Bonjour,
Je peux confirmer que cette information ne vient pas de Kindle Direct Publishing, elle n’est donc pas vraie.
J’espère que cela vous aidera.

Merci d’utiliser le KDP d’Amazon. »

Donc pas de panique pour l’instant (mais j’ai quand même recompté soigneusement le nombre de mots de mes nouvelles, juste au cas ou…). Comme souvent sur le net, nous avons assisté à un emballement médiatique. Quelqu’un a lancé une rumeur, le scoop était alléchant, des bloggers s’en sont emparé pour faire de l’audience, le message a été répété, déformé, amplifié, et voilà : Amazon interdit les textes de 2500 mots.

Mais il y a sans doute un fond de vérité dans cette annnonce. Le message qui a lancé la rumeur est vraisemblablement authentique. Mon intuition est qu’il vient réellement de l’équipe KDP Amazon, et que la personne qui l’a rédigé a simplement mentionné les raisons qui l’ont amenée à reconsidérer la publication de ce titre. Parmi elles, sa longueur. Ça n’était probablement pas le seul critère, mais cette phrase – « Les contenus de moins de 2500 mots sont souvent décevants » – me font deviner que dans le cadre de l’amélioration de la qualité des livres publiés sur Kindle, Amazon prête une attention toute particulière aux textes courts, qui sont souvent durement évalués. Souvent à raison.

Au final, ce qui orientera sans doute la politique d’Amazon, c’est l’argent qu’elle gagne grâce à ces textes. Tant que ceux-ci rempliront ses caisses, et qu’ils ne nuiront pas aux ventes sur Kindle (en détournant vers d’autres plateformes des lecteurs qui seraient fatigués de payer pour de mauvais contenus), Amazon ne prendra probablement pas de mesures aussi drastiques que la définition d’un nombre minimal de mots. Par contre, le jour ou Amazon pensera que la qualité des textes sur le KDP n’est pas assez bonne, soyez certains qu’elle prendra toutes les mesures nécessaires pour redresser la barre, et que les auteurs avec des textes mal notés, trop courts, etc. devront se battre pour espérer garder leurs livres sur le Kindle Store.

Une réflexion au sujet de « Amazon sur le point d’interdire les livres Kindle de moins de 2500 mots ? »

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