5 caractéristiques des livres qui se vendent le mieux, selon Smashwords

Il y a quelque semaines, le fondateur de SmashWords, Mark Coker, publiait une analyse des ventes réalisées sur sa plateforme au cours des 12 mois précédents (en anglais). J’adore SmashWords. Cette plateforme est tout ce qu’Amazon n’est pas : collaborative, transparente, avec beaucoup d’outils pour aider les auteurs à connaître leurs lecteurs, suivre leurs ventes et comprendre ce qui marche et ce qui ne marche pas. Il n’y a que deux choses qui m’agacent : ils sont très pointilleux sur le formatage des livres soumis, et mes ventes y sont quasiment inexistantes… Le rapport de Coker n’en reste pas moins intéressant, et pas seulement pour les utilisateurs de SmashWords. Il analyse entre autres le titre des livres, leur description, longueur, prix de vente et rentabilité, pour déterminer les caractéristiques des livres populaires. Voici quelques unes de celles qui ont retenu mon attention, n’hésitez pas à lire le rapport dans son intégralité, vous y trouverez sans doute des informations qui vous intéresseront plus particulièrement.

1. Les textes longs vendent davantage

Les livres dans le top 100 des meilleures ventes de SmashWord contiennent en moyenne 115 000 mots. L’analyse des tranches suivantes du classement montre que plus un livre est court, moins ses ventes sont bonnes. Les livres en position 100 000 à 105 000 par exemple, comptent 32 000 mots en moyenne, près de quatre fois moins que ceux du top 100.
Sachant que le nombre de ventes augmente exponentiellement quand un livre s’approche du haut du classement, il peut donc être bien plus rentable de publier un long livre plutôt que de le fragmenter en une série dans le but de vendre chaque volume moins cher tout en augmentant la visibilité de l’auteur. Il ne faudrait pas pour autant en déduire qu’il suffit de bourrer un texte pour le vendre mieux…
Cette approche va à l’encontre d’une des recommandations dans « Booster ses ventes sur Kindle« , dans lequel je suggère d’envisager le découpage en série. Mais comme souvent, l’efficacité de l’une ou l’autre de ces options dépendra de chaque livre. Si un livre a le potentiel d’être dans le top 100, mieux vaut le garder en un seul bloc. Si à l’inverse il n’atteint même pas le top 1000, en faire une série est peut être plus rentable.

2. Les livres avec un titre court se vendent légèrement mieux

Les titres du top 100 de SmashWords contiennent en moyenne 4.2 mots, contre 5.7 pour ceux occupant les positions 1000 à 2000, et 6 pour les livres en positions 100 000 à 101 000. Trouver un titre court, facilement mémorisable, est une recommandation fréquente, rien de surprenant à ce résultat donc. L’écart entre la longueur des titres des livres qui se vendent et de ceux qui ne se vendent pas ne justifierait toutefois pas de guillotiner un titre juste pour qu’il ait la bonne longueur. Une exception peut être : si votre titre en police 14 ne tient pas sur la page de couverture, vous auriez peut être intérêt à vous rapprocher des standards mesurés par SmashWords.

3. 2$99 est le prix de vente le plus fréquent

La plupart des livres  sont vendus 2$99 ou moins. 2$99 est le prix le plus souvent choisi cette année, alors que c’était $0.99 l’année précédente. À l’inverse, de moins en moins de livres sont vendus 5$ ou plus. Ce recentrage des prix autour de 2$99 indique peut être une stabilisation du marché et un rééquilibrage entre un prix de vente attractif pour les lecteurs, et rémunérateur pour les auteurs. Après tout, avec 70% de redevance, un livre vendu 2$99 génère à peu près 2$ de redevance pour son auteur, ce qui est un montant plus intéressant que pour une édition papier traditionnelle qui serait vendue beaucoup plus cher (entre 5 et 12% de droits d’auteur pour les éditions papier, d’après cet article de l’Express).

4.   Les livres les moins chers ne sont pas forcément les plus vendus

Contrairement à ce que l’on aurait pu imaginer, les livres à 1 ou 2$ ne sont pas les plus vendus. Ceux à 2$99 ou 3$99 sont plus populaires, et certainement plus rentables pour leurs auteurs. Peut être que l’explication se trouve dans des lecteurs qui commencent à associer les livres à bas prix à des ouvrages de mauvaise qualité, et préfèrent payer davantage pour de meilleurs textes. Si les ventes de votre livre ne vous satisfont pas, le brader n’est donc pas forcément la meilleure manière de relancer les ventes.

5. 1$99 à éviter absolument, 3$99 le prix le plus rentable
Les livres étiquetés entre 1$ et 1$99 se sont vendus en moyenne deux fois moins que les titres à 0.99$ et que les titres à 2$99 ou 3$99. Les livres à 1$99 ont rapporté à leurs auteurs 67% de moins que la moyenne de n’importe quelle autre prix. Difficile d’expliquer cette particularité, mais l’écart est tel qu’il vaut mieux se tenir loin de ce prix.
Pas non plus d’explication pour la rentabilité des livres vendus 3$99, mais ces derniers ont en moyenne généré à leur auteur 55% de ventes supplémentaire que pour n’importe quelle autre prix.

Enfin, le rapport confirme que si votre seul objectif est la popularité, comme on peut s’y attendre, distribuer votre livre gratuitement est le meilleur moyen d’y arriver. Les livres gratuits ont été en moyenne téléchargés 92 fois plus que les livres payants. Distribuer un livre gratuitement, quand on en a plusieurs, est donc une excellente manière de se faire de la publicité.

La mot de la fin : Mark Coker joue à Nostradamus et prédit que d’ici trois ans, 50% des bestsellers du New York times seront issus de l’auto-édition. Il émet quand même quelques réserves : il envisage qu’il sous-estime peut être le phénomène de l’auto-édition, et que la proportion pourrait être plus importante. J’ai envie d’y croire, mais comme Thomas, j’attends de le voir…

10 réflexions au sujet de « 5 caractéristiques des livres qui se vendent le mieux, selon Smashwords »

  1. Pierre Bougie

    Oui Smashwords.com est un site très bien, mais j’ai moi aussi deux facteurs agaçants chez eux:
    1. Le site est visuellement déplorable… je ne suis pas graphiste professionnel et je comprends qu’il y a beaucoup de choses à montrer sur smashwords.com, mais tout de même. On pourrait rendre le tout un peu plus agréable et faciliter la navigation.

    2. je déplore qu’il n’y ait pas moyen de filtrer les recherches de livres dans leur langue de publication! Il serait assez simple, j’imagine, d’ajouter une possibilité de rechercher les livres en français, ou autres langues publiées sur leur site! (Ce qui explique sans doute en partie pourquoi nos ventes chez eux ne sont pas aussi dynamiques qu’ailleurs…)

    Je suggère à tous ceux qui en auront le courage, de vous rendre sur le site de http://www.smashwords.com et de laisser votre commentaire à ce propos. Le lien est difficile à trouver, car écrit très petit, mais il figure au haut de chaque page du site et il faut obligatoirement passer par ce lien pour pouvoir communiquer avec eux… Ne vous laissez pas intimider par le processus. Il faut plusieurs demandes répétitives pour arriver à faire bouger les choses!! (comme c’est le cas partout, malheureusement).

    Je l’ai moi-même fait, il y a peu de temps, et ils m’ont répondu qu’ils avaient transmis la demande à leur équipe technique, mais que je ne devais pas m’attendre à un résultat imminent… 🙁 (voici le texte du courriel reçu : « Good morning, Pierre.

    We’ve made that request to the techs, and it may be done at some point, but we’re not clear on when we can expect that change to take place.

    Best,

    Aaron F.
    Smashwords Service Team »)

    Espérons qu’avec plusieurs autres demandes, ils finiront par nous écouter!

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    1. Nicolas Kapler Auteur de l’article

      Excellent commentaire. La possibilité de filter les ouvrages par leur langue (ou une localisation francophone du site) serait effectivement un atout pour SmashWords. Ça semble tellement évident, que je suis surpris qu’ils ne l’aient pas déjà fait. Je vais suivre ton conseil et contacter SmashWords.
      Je serais curieux de conaître la répartition de tes ventes en fonction de la plateforme de distribution. Il y a longtemps que je prévois faire un article à ce sujet. Dans mon cas, c’est à peu près 60% Amazon, 35% Kobo (forte croissance ces derniers mois), et les 5% restants sur des plateformes secondaires (lulu, SmashWords). Je me demande si c’est représentatif du marché ou pas.

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      1. Pierre Bougie

        Nicolas, je ne peux malheureusement pas te confirmer ou infirmer tes résultats… Mon livre a été publié au début juillet 2013 et il y a eu 9 révisions (pour différentes raisons…) alors ça ne fait pas assez longtemps qu’il est publié. Désolé.

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  2. Pierre Bougie

    Nicolas, j’ai tenté de t’écrire par email, mais l’adresse que j’ai trouvée de se rend pas… J’aimerais pouvoir échanger par courriel, si possible. Fais-moi signe… merci.

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  3. Les Ronds et les Carrés en folie

    2 questions que je me pose suite à la publication de mon livre sur Smashwords : quel est le ratio normal entre le téléchargement de l’extrait gratuit et le téléchargement du livre ? Si je constate un très bon ratio entre le nbre de gens qui vont sur la page de mon bouquin et qui téléchargent l’extrait gratuit, force est de constater un ratio quasi nul de téléchargement payant. Pourtant, j’essaye en ce moment l’option où le lecteur choisit son prix, entre 0 et xx dollars. Ce qui m’emmene sur ma deuxième question : quelqu’un a-t-il déjà essayé cette option de vente et pour quel résultat ?

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    1. Nicolas Kapler Auteur de l’article

      J’ai le même problème avec les téléchargements payants sur Smashwords. En dehors de quelques achats ponctuels, je frôle le zéro ventes. J’y distribue une nouvelle gratuitement pour constater qu’elle n’est pas davantage téléchargée (alorsqu’elle l’est sur Kobo ou Amazon). J’en déduis qu’il y a peu de lecteurs francophones sur Smashwords.
      Alain, est ce que ton texte est en Anglais ou en Français ?

      Pour ce qui est du modèle où l’acheteur choisit son prix, je ne l’ai jamais essayé.

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  4. Les Ronds et les Carrés en folie

    My book is in… French ! En fait il manquerait un Smashword à la française pour aller faire la nique à Amazon et son opacité. Pour revenir au ratio nbre de téléchargement extrait gratuit / nbre de visite, il est assez exceptionnel en ce qui me concerne, de l’ordre de 30%. Ce qui me sidère, c’est le comportement inhabituel du visiteur qui pourrait télécharger le livre complètement pour 0€ et qui ne télécharge « que » l’extrait gratuit. Pas un comportement très humain je trouve. S’agirait-il de robot ?

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    1. celmar

      Bonsoir, désolé d’être aussi brutal, mais peut être que le morceau téléchargé ne donne pas envie de lire la suite….Et même pour 0 EUROS pourquoi perdre son temps ….

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  5. corinne

    Bonjour,
    Merci pour cet article. J’ai quant à moi un problème pour la lecture du tableau de bord. Je n’arrive jamais à être certaine d’avoir vendu des livres ! ai-je eu des téléchargements d’extraits ou des ventes ? Je n’ai la réponse que lors du calcul de mon gain en fait…peu pratique.
    quelqu’un aurait une explication du tableau de bord ?
    merci d’avance
    corinne

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    1. Nicolas Kapler Auteur de l’article

      À ma connaissance, Amazon ne donne pas de stats sur les téléchargements d’extraits gratuits. Dans le rapport, la colonne « Nombre d’unités vendues » est celle qui donne les unités vendues moins les unités remboursées. Dans mon expérience, c’est un chiffre fiable. Est ce que c’est bien la colonne que vous regardez, et si c’est le cas, avez vous déjà remarqué des problèmes avec les chiffres communiqués ?

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