Archives de catégorie : KDP

Quelle plateforme d’auto-édition vend le plus de livres ?

Quand on parle d’auto-édition, Amazon est incontournable. Bien qu’il n’existe pas de chiffres officiels, on estime qu’aux États-Unis, deux ebooks sur trois sont vendus par Amazon. Si vous voulez publier votre premier roman, vous serez tenté de limiter à Amazon vos efforts de distribution et promotion. C’est d’ailleurs une stratégie encouragée par le programme KDP Select qui requiert l’exclusivité des titres participants. L’analyse de l’évolution de mes ventes au cours de la dernière année sur trois plateformes majeures d’auto-édition, Amazon KDP, Kobo Writing Life et Google Play, montre que se restreindre à Amazon n’est peut être pas la stratégie la plus judicieuse.

Continuer la lecture

Amazon bloque les images et JavaScript dans les descriptions de livres KDP

Il y a quelques mois, je détaillais dans cet article comment utiliser du HTML pour mettre en page la description de votre livre dans Amazon. J’expliquais ensuite dans cet autre article comment contourner certaines restrictions pour insérer des images dans la description, ou encore du code JavaScript afin de comptabiliser avec Google Analytics le nombre de visiteurs quotidiens. Ces techniques n’étaient pas interdites par Amazon, mais elles n’étaient pas publicisées, ni même officiellement documentées. Il y a quelques jours, Amazon a mis un termes à ces pratiques. Les mises en forme basiques sont toujours possibles (gras, italique, etc.), mais plus moyen d’insérer des images, vidéos, ou scripts… Continuer la lecture

MyKindex, c’est fini !

Il y a quelques mois, le service MyKindex faisait du bruit dans le (petit) milieu de l’auto-édition francophone en offrant aux auteurs la possibilité de catapulter leurs livres dans le top 100 d’Amazon, voire le top 20, moyennant rétribution. L’idée était simple, MyKindex mettait en relation des auteurs avec des lecteurs. Les auteurs payaient à MyKindex une somme correspondant au nombre d’exemplaires de leur livre qu’ils souhaitaient vendre (plus un petit quelque chose pour les gens de MyKindex), et MyKindex demandait alors à ses « lecteurs » d’acheter ce livre un jour précis et le leur remboursait sur présentation de la facture. La concentration des ventes sur une courte période de temps propulsait le livre dans le top 100. J’ai écrit un premier article, puis un second sur l’efficacité de cette approche et les dilemmes qu’elle posait.

Une des principales interrogations concernait la réaction d’Amazon. Est ce que la société était au courant de cette méthode ? Est-ce qu’elle la tolérait ? L’encourageait ? Connaissant l’importance qu’Amazon accorde à ses classement pour orienter les achats de ses utilisateurs, il semblait surprenant qu’elle laisse une entreprise et des auteurs « tricher » pour les influencer. Le mois dernier, Amazon a clarifié les choses, décrivant cette méthode comme « inacceptable ». Depuis, le site mykindex.com est aux abonnés absents, et les auteurs ayant fait appel à ses services ont été remis à l’ordre par Amazon, comme détaillé dans cet article paru sur Actualitte.com.

Je ne peux pas dire que la fermeture de MyKindex me chagrine particulièrement. Autant j’ai hésité initialement en me disant que cette approche était peut être une solution pour qu’un auteur inconnu se fasse connaître, autant il est rapidement devenu évident qu’un tel système ne pouvait amener qu’une surenchère (il n’y a que 100 places dans le top 100…) , et que celle-ci se ferait au détriment des auteurs indépendants. Au final, j’apprécie qu’Amazon fasse son possible pour garder ses classements aussi « objectifs » que possible.

MyKindex, 10 jours plus tard

Edit : Le service mentionné dans cet article, MyKindex, a été interdit par Amazon en septembre 2013.

Il y a quelques jours, dans la foulée de sa première campagne de promotion d’auteurs autopubliés, j’ai publié un billet sur le site mykindex.com, sa stratégie marketing et ses résultats. Ces derniers étaient impressionnants. Au lendemain de la promotion, les dix titres en promotion se trouvaient dans le top 100 des ventes Kindle Amazon, et 7 d’entre eux étaient dans le top 20. La veille, le titre le mieux placé était en 668ème position. Deux jours après, la plupart des titres étaient encore bien classés. Dix jour plus tard, voyons comment les choses ont évolué :

Avant la campagne MyKindex À 8h30 le 9 avril 2013 À 3h30 le 11 avril 2013 À 13h le 19 avril 2013
Rémoras 668 18 24 161
L’Homme qui voulait rester dans son coin 2678 7 5 9
La Trappe 3476 14 30 646
La Porte des Dieux 59824 6 56 1477
L’Heure du Tigre 24249 23 1 189
La Korrandine de Tevelune 101301 11 46 1435
Sacré Christophe 12850 3 27 612
Questions et réponses sur l’hystérectomie 81934 31 163 5066
Lila Bonheur 2452 32 33 213
Journal d’un proctologue 3155 15 43 75

À première vue, on dirait que tout ne va plus si bien : 80% des livres ne sont plus dans le top 100. En passant, pourquoi cette obsession pour le top 100 ? Parce qu’Amazon publicise ses classements des meilleures ventes, à la façon d’un libraire exposant en têtes de gondoles ses livres les plus populaires. Beaucoup de lecteurs vont consulter ce qui se vend pour décider quoi acheter.  Dès qu’un livre sort de ce classement, même d’une seule petite place, ses ventes chutent.

Donc, il ne reste que deux livres dans le top 100, et un dans le top 20. Et si aucun titre n’est retourné dans les oubliettes d’avant sa promotion, certains sont en bonne voie de le faire. Ça pourrait ressembler à un échec, un feu de paille qui s’éteint (presque) aussi rapidement qu’il a pris. Ce n’est pourtant pas mon avis. MyKindex se présente comme une rampe de lancement, et souligne qu’une fois dans le top 100, c’est au livre de s’y maintenir. Il n’y a pas de formule magique pour améliorer le contenu d’un livre ou accroître sa base de lecteurs potentiels. Ce qui explique vraisemblablement les résultats de certains titres. Sans remettre en question le contenu des « Questions et réponses sur l’hystérectomie » (que je n’ai pas lu, mais que j’aime bien prendre comme tête de turc), je doute de voir le jour où ce livre ou un titre similaire se vendra autant que le dernier Marc Lévy (que je n’ai pas lu non plus). MyKindex a donc offert à ces livres une place sur le podium, et après y être montés, la plupart en sont redescendus tranquillement pour dériver vers leur position naturelle. Mais certains, comme « L’homme qui voulait rester dans son coin » ou « Le journal d’un proctologue« , ont profité de cette opportunité pour se caler en haut du classement, obtenir plus de visibilité, susciter des ventes et des commentaires positifs, et ainsi rester « naturellement » dans le top 100. MyKindex n’a pas changé leur destin, il a simplement accéléré les choses.

Est ce que cette constatation  m’a finalement amené à changer d’avis et à envisager d’utiliser ce service ? Toujours pas. Mais mes raisons ont changé. Si c’était le coté moral qui me gênait le plus auparavant, j’en reviens. Finalement, s’il s’agit simplement de hâter les choses, pourquoi s’en priver ? Je n’oublie pas pour autant le problème au coeur de ce système : si tout le monde l’utilise, il ne peut plus fonctionner. Et dans le cas contraire, parmi ceux qui n’ont pas les moyens de l’utiliser, il y en a peut être qui auraient « mérité » davantage d’être dans le haut du classement. Non, la véritable raison de mon abstention est que (sans trop de fausse modestie) je n’ai pas de titres qui soient suffisamment intéressants pour rester dans le top 100 ou simplement  tirer avantage d’une visibilité temporairement accrue. Aujourd’hui en tout cas, mais dans le futur, qui sait…