Archives par étiquette : kindle

À quelle fréquence le rapport de ventes du KDP est-il mis à jour?

Votre livre est en ligne dans la boutique Kindle, et vous ne pouvez vous empêcher de rafraîchir frénétiquement la page du rapport de ventes KDP dans l’espoir de voir augmenter le compteur des ventes. Mais rien ne bouge. Incapable de penser à autre chose, vous allez faire un tour pour vous éloigner de cette maudite machine et revenez quelques heures plus tard. Toujours rien. Désespéré vous cliquez une dernière fois sur « Rafraîchir », et voilà ! trois nouvelles ventes apparaissent. Le doute s’immisce : « Le rapport du Kindle Direct Publishing reflète-t-il vraiment les ventes en temps réel ? Et si ce n’est pas le cas, à quelle fréquence est-il rafraîchi ? »

La réponse tout de suite : oui, le rapport du KDP reflète bien les ventes en temps réel.

D’ou vient cette certitude ? D’une expérimentation. Au cours d’une promotion gratuite pour « Booster ses ventes sur Kindle », j’ai noté plusieurs fois par jours le nombre de téléchargements. 95 téléchargements ont eu lieu tout au cours d’un weekend, à chaque vérification les compteurs avaient été mis à jour.

Vous me ferez  remarquer que rien ne prouve que l’augmentation du nombre de ventes inclue les derniers achats. C’est vrai, mais j’ai également profité de cette promotions pour faire deux achats avec mes comptes Amazon.  Avant chaque achat, j’ai noté le nombre de ventes, et l’ai vérifié immédiatement après. Dans les deux cas, le nombre de téléchargements avait augmenté d’un exemplaire.

Ce n’est pas une preuve irréfutable, mais comme Amazon ne donne pas d’information à ce sujet, c’est la meilleure que j’ai trouvée. Et puis de toute manière, est-ce vraiment important ? Est ce qu’on ne devrait pas être capable d’oublier les rapports de ventes, et de ne les consulter que de temps en temps ? Une fois par mois par exemple ? Impossible, je sais 🙂 Alors autant être certain qu’un rapport n’affichant aucune vente signifie qu’il n’y en a vraiment eu aucune, et passer à autre chose. Pour travailler sur notre prochain livre par exemple…

MyKindex: une solution pour booster ses ventes sur Kindle ?

Edit : Le service mentionné dans cet article, MyKindex, a été interdit par Amazon en septembre 2013.

Il y a quelques semaines, je suis tombé sur le site MyKindex qui vantait la mise en place prochaine d’une solution miracle pour propulser un livre dans le top 100 des ventes Kindle.  Je suis resté dubitatif. Beaucoup prétendent avoir  la formule magique pour devenir riche, faire repousser les cheveux, ou être dans le top 100 Amazon ; elle marche rarement. Et dans le cas de MyKindex, le 101ème auteur qui achètera leur formule pour être dans le top 100 risque d’avoir une mauvaise surprise.

Le site vient de lancer sa première campagne promotionnelle et a publié ses résultats sur son blog. Et je dois admettre que ceux-ci sont impressionnants. Quelques heures après le lancement de la campagne, les dix titres présentés se trouvaient dans le top 100 Kindle, et 7 avaient atteint le top 20. À titre de comparaison, le titre le mieux placé avant la promotion était en 668ème position. Convaincu que ce n’était qu’un feu de paille, je viens de vérifier le classement des titres une journée plus tard, et s’il y a une baisse évidente dans le classement, ces livres sont toujours dans le top 100:

Avant la campagne MyKindex À 8h30 le 9 avril 2013 À 3h30 le 11 avril 2013
Rémoras 668 18 24
L’Homme qui voulait rester dans son coin 2678 7 5
La Trappe 3476 14 30
La Porte des Dieux 59824 6 56
L’Heure du Tigre 24249 23 1
La Korrandine de Tevelune 101301 11 46
Sacré Christophe 12850 3 27
Questions et réponses sur l’hystérectomie 81934 31 163
Lila Bonheur 2452 32 33
Journal d’un proctologue 3155 15 43

Chose remarquable, même en excluant les quelques titres avec seulement un ou deux commentaires dont on devine qu’ils ont été écrits pas l’auteur ou ses amis, la notation de ces titres est extrêmement bonne: au moins quatre étoiles. Ça laisse supposer que MyKindex n’accepte pas n’importe quel  titre. Et l’évolution du classement depuis la campagne semble pertinente: il était prévisible que le classement des « questions et réponses sur l’hystérectomie » chuterait plus rapidement que les autres, vu le public niche de ce type de livre. Le fait que tous les livres ne descendent pas à la même vitesse, et que certains montent même démontre aussi que la position dans le classement n’est pas seulement due à une relative inertie qui maintiendrait dans le top des livres qui ne se vendent pourtant plus depuis la campagne initiale. L’objectif du site est donc atteint: il a offert à ces titres la visibilité promise, charge à eux de prendre la relève et de prouver que leur contenu et leur qualité leur permettra de se maintenir dans le haut du classement.

Une véritable solution miracle alors ? Pas vraiment, parce qu’elle s’appuie sur un mécanisme qui me met mal à l’aise. Quoi qu’en dise MyKindex, la technique est simple: elle consiste à permettre aux auteurs d’acheter (indirectement) leurs propres livres. En effet, chaque auteur verse à MyKindex une somme d’argent correspondant à l’achat d’un certain nombre de livres plus la marge du site (à travers les redevances Amazon, l’auteur  récupèrera une partie de son investissement). MyKindex communique alors  à sa base de lecteurs les livres et la période de « promotion », et chaque lecteur qui achète un de ces titres peut demander à se le faire rembourser, jusqu’à ce que les achats effectués correspondent à la somme investie par l’auteur. La concentration d’achats sur une  courte période propulse les livres dans le haut du classement des meilleures ventes. C’est un stratagème brillant, mais pas nouveau. Il y a quelques mois, Karen Woodward bloguait à ce sujet dans son billet « Money Can Buy Fame », citant des compagnies comme ResultSource qui pour 50 000$ garantissent qu’un livre entrera – même brièvement – dans la liste des bestsellers Amazon US. Avec cet argent, la compagnie se contente d’acheter à Amazon autant de livres que nécessaires, quitte à les brûler par la suite. En France, la faiblesse du livre numérique devient ici un avantage: pas besoin de 50 000$ pour être dans le top 100 Kindle. Quelques dizaines de ventes sur une courte période suffisent probablement. En novembre dernier, une dizaine de ventes quotidiennes suffisaient à classer mes nouvelles en tête du classement des ventes érotiques sur Kindle, et à leur faire frôler le top 100 Kindle.

Est ce que j’utiliserai cette approche alors ? Je ne sais pas. C’est forcément tentant, mais ça me donnerait l’impression d’utiliser les méthodes que je reproche à d’autres. De plus, cette technique fonctionnera tant qu’elle ne sera utilisée que par une poignée d’auteurs. Si elle devait se généraliser, elle perdrait automatiquement de son efficacité. Mais peut être que je suis naïf, et que c’est vraiment une des seules solutions pour qu’un auteur indépendant obtienne la visibilité nécessaire au décollage de ses ventes. Et vous ? Avez vous déjà utilisé ou envisagé d’utiliser ce type de solution ? Si oui,  je serais curieux de connaître vos expériences !

Lire la suite: MyKindex, 10 jours plus tard

Comment écrire une description vendeuse pour son livre ?

Votre futur lecteur a mordu. Il est tombé sur votre livre, et le titre et la couverture l’ont convaincu d’aller en voir un peu plus. Il vous faut maintenant le ferrer, c’est le rôle de la description.  Celle-ci doit convaincre le lecteur que vous connaissez ses attentes, et lui en dévoiler juste assez pour le laisser sur sa faim et l’inciter à acheter, ou au moins à télécharger l’extrait gratuit. Cet article détaille les caractéristiques d’une description vendeuse.

Amazon limite les descriptions à quatre mille caractères. Ne vous sentez pas obligé de tous les utiliser. Passez en revue la description des livres du top cent des meilleures ventes, et vous remarquerez que la plupart d’entre elles comportent moins de mille caractères. Ce n’est pas un hasard : il ne s’agit pas de coller votre premier chapitre dans la description, mais de donner en quelques lignes un aperçu des éléments centraux de l’histoire : le genre (par exemple : policier, romance, science fiction), les personnages principaux (qui sont ils, quelle est leur situation, leurs relations, etc…), et l’amorce de l’intrigue (quels défis vont devoir relever les protagonistes ?). Il n’y a pas de modèle idéal, mais voici quelques points clés que vous voudrez généralement respecter :

  1. Ne mentionnez que l’intrigue et les personnages principaux. Allez droit au but, ne créez pas de confusion en faisant référence aux intrigues ou aux personnages secondaires de votre histoire.
  2. Limitez la description à 150 mots. Votre lecteur ne consacrera que peu de temps à votre livre avant de décider s’il l’achète ou pas. Vous ne devez surtout pas l’ennuyer avec des détails qui ne deviendront importants que beaucoup plus tard. Si vous n’arrivez pas à l’intriguer en moins de 150 mots, vous n’y arriverez pas davantage en 500.
  3. Utilisez la troisième personne et le temps présent. Peu importe que votre histoire soit écrite au passé et à la première personne, la description doit plonger le lecteur dans l’histoire et lui faire comprend qui sont les protagonistes. La troisième personne et le présent sont les meilleurs outils pour atteindre cet objectif.
  4. Mentionnez les références de votre genre. Si vous écrivez de la science fiction et que vous avez été influencé pas Asimov, n’hésitez pas à le mentionner dans votre description. Si c’est une histoire de vampire, évoquez True Blood ou Anne Rice. Ces références identifieront mieux que mille mots le genre de votre livre, et en bonus vous apparaîtrez dans les résultats de recherche portant sur les auteurs/titres référencés.
  5. Citez votre meilleure critique. À la fin de votre description, cette critique devrait donner l’impression qu’une tierce personne – qui inspire confiance donc – a adoré votre livre. Si vous avez obtenu une telle critique, idéalement d’une source prestigieuse, utilisez là. Si votre meilleur commentaire vient de votre mère, ou même de votre imagination, utilisez le aussi, ne metionnez simplement pas la source.
  6. Choisissez des mots véhiculant des émotions fortes. En anglais, ce sont des “power words”, des mots qui devraient sauter à la figure et susciter une émotion chez le lecteur. Par exemple : passion, terreur, rage, fureur, etc… Quel que soit votre genre, votre lecteur recherche une émotion, vous devez le convaincre qu’il la trouvera dans votre livre. Si votre description est terne, “quotidienne”, il passera son chemin. Faites toutefois attention à ne pas abuser de ces mots, trois ou quatre dans votre description devrait être amplement suffisant.

Il y a une situation dans laquelle les conseils précédents ne s’appliquent pas tous : quand votre livre est un ouvrage technique. Dans ce cas, votre description doit être plus volumineuse et vous avez intérêt à utiliser vos 4000 caractères. Il ne s’agit plus d’intriguer le lecteur, mais de lui prouver que vous savez quelles questions il se pose, et de le convaincre que les réponses sont dans votre livre. Il se peut également que certains de vos lecteurs ne soient intéressés que par un chapitre précis de votre livre, un chapitre secondaire pour vous, mais critique pour eux. Votre description doit donc :

  1. Identifier le public ciblé :débutants, amateurs, professionnels.
  2. Expliciter l’objectif visé : découvrir le tricot, apprendre à programmer en C#..
  3. Citer tous les sujets traités, par ordre d’importance. Vous voulez que les sujets qui vont intéresser la majorité de vos lecteurs soient mentionnés dans les premières lignes de votre description. Au final, vous devriez retrouver le contenu de votre table des matières, mais dans un ordre différent. Il est important de mentionner tous les sujets traités, et d’utiliser le plus possible des mots-clés qui leurs sont associés afin d’exploiter au maximum le moteur de recherche d’Amazon et que votre livre apparaisse bien placé dans beaucoup de résultats de recherches.

Une fois votre description écrite, vous voudrez probablement travailler sur sa mise en page afin de mettre en valeur certaines parties. Par exemple mettre en gras ou en couleur certains mots clés, ou en italique une critique élogieuse. Amazon n’offre pas d’outil pour faire cette mise en page facilement, mais vous pouvez tout de même le faire si vous être familier avec le HTML. En HTML, la mise en forme d’un bloc de texte se fait en l’encadrant avec des balises. Le code html “<b>gras</b>” s’affichera “gras”, “<i>italique</i>” s’affichera “italique”,  “<b><i>gras et italique</i></b>” s’affichera “gras et italique”. Malheureusement, vous ne pouvez pas utiliser ces balises telles quelles dans votre description. Vous devez remplacer tous les “<” par la séquence de caractères “&lt;” et les “>” par “&gt;”. Dans l’exemple précédent, “<b>gras</b>” devient “&lt;b&gt;gras&lt;/b&gt;”. Attention, le texte devient rapidement illisible, et les erreurs sont faciles. C’est donc une technique que vous voudrez utiliser parcimonieusement, d’autant plus que vous ne voulez pas non plus transformer votre description en sapin de noël.

Si vous cherchez davantage de conseils sur la rédaction d’une description accrocheuse, et que l’anglais ne vous rebute pas, allez jeter un oeil à cet article de l’auteur Richard Ridley écrit pour Amazon CreateSpace, ou encore à cette entrée de blog de Catherine Ryan Howard. Et vous, y-a-t-il d’autres points que vous pensez indispensables pour qu’une description soit efficace ?